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L’engagement mondial en faveur de la biodiversité fait face à d’importants défis.

14 mars, 2025

Malgré les accords signés en 2022 pour protéger la biodiversité, de nombreux pays ne tiennent pas leurs promesses. Découvrez les détails de cette situation critique et son impact sur l’environnement.

En 2022, lors de la COP 15 sur la biodiversité, presque tous les pays du monde se sont engagés à freiner la destruction des écosystèmes. L’objectif 30 en 30 vise à protéger 30 % des zones terrestres et marines d’ici 2030. Cependant, une analyse récente réalisée par The Guardian et Carbon Brief révèle que plus de la moitié des pays signataires ne sont pas réellement engagés dans ce plan.

L’accord, officiellement connu sous le nom de Cadre Mondial de la Biodiversité de Kunming-Montréal (GBF), comprend d’autres objectifs importants. Ceux-ci incluent le contrôle des espèces envahissantes, la réduction des subventions nuisibles à la biodiversité et la restauration des zones dégradées. En raison de son ampleur, on l’appelle souvent le “Accord de Paris de la nature”, en référence aux engagements climatiques établis en 2015.

Situation actuelle et engagements non tenus

Parmi les 137 pays qui ont présenté leurs plans à l’ONU, 70 (environ 51 %) ne respectent pas l’engagement de protéger 30 % de leur territoire.

Beaucoup de ces propositions sont vagues ou suggèrent des pourcentages de protection beaucoup plus faibles. Bien que l’objectif soit mondial, les experts insistent sur le fait que l’accent doit être mis sur les régions à plus forte biodiversité. Il existe 17 pays considérés comme “megadivers”, qui abritent 70 % de la biodiversité mondiale, mais sept d’entre eux, comme l’Indonésie et le Mexique, n’ont pas de plans pour respecter l’accord.

Curieusement, le Brésil, le pays le plus megadivers, figure parmi les 60 pays qui n’ont même pas envoyé leurs plans pour respecter le GBF. De plus, les États-Unis, qui occupent la dixième place en biodiversité, sont le seul pays membre de l’ONU qui ne fait pas partie de la Convention sur la diversité biologique, un traité essentiel depuis 1992.

Selon le rapport 2024 de Protected Planet, 17,6 % des eaux intérieures et 8,4 % des zones marines sont actuellement protégées, des chiffres qui, bien qu’en augmentation, sont encore loin d’atteindre l’objectif de 30 %. La répartition de ces zones protégées est également inégale, et moins d’un cinquième des actifs naturels critiques sont sous protection.

L’objectif 30 en 30 exige que la délimitation des zones de protection soit équitable et respecte les droits des communautés locales et autochtones. Ces zones doivent être efficaces et stratégiquement situées dans les zones les plus importantes pour la biodiversité et les services écosystémiques.

Les résultats de cette situation ne sont pas surprenants. Historiquement, les gouvernements ont eu des difficultés à respecter les accords de biodiversité de l’ONU. Cependant, avec l’aggravation de la crise climatique, la pression pour que ces mesures soient efficaces est de plus en plus forte.

Une étude de 2014 a révélé que la nature fournit plus de 125 trillions de dollars en services écosystémiques chaque année, qui sont essentiels au bien-être humain. Cela inclut l’approvisionnement en eau potable, la stabilisation du climat et la pollinisation des cultures. Cependant, ces contributions ne sont pas comptabilisées sur les marchés mondiaux, bien que la destruction de la nature implique des pertes économiques significatives.

La perte de biodiversité est considérée comme l’un des principaux risques pour la prochaine décennie, selon le Rapport sur les Risques Mondiaux 2020 du Forum Économique Mondial. La mise en œuvre de la mesure 30 en 30 n’est pas seulement souhaitable, mais essentielle pour éviter l’extinction des espèces et préserver les services que la nature offre.

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