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Désinformation sur TikTok concernant le TDAH conduit les jeunes à des diagnostics erronés

2 avril, 2025

Une étude révèle que de nombreux symptômes du TDAH partagés sur TikTok ne sont pas de véritables diagnostics, affectant les jeunes.

Les réseaux sociaux sont un bouillon d’informations, mais toutes ne sont pas correctes. Une récente étude de l’Université de Colombie-Britannique a mis en évidence que le contenu sur TikTok concernant le Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH) amène de nombreux jeunes à s’autodiagnostiquer de manière incorrecte. Selon les chercheurs, près de la moitié des symptômes mentionnés dans les vidéos les plus populaires ne correspondent pas aux critères diagnostiques utilisés par les professionnels de la santé.

Les scientifiques ont analysé les 100 vidéos les plus vues sur le TDAH sur TikTok, qui totalisent plus de 500 millions de vues. La conclusion est alarmante : de nombreux symptômes décrits ne correspondent pas à ce qui définit réellement le trouble. Cela peut entraîner des confusions et des autodiagnostics erronés parmi les utilisateurs, en particulier les plus jeunes, qui sont les principaux consommateurs de ce type de contenu.

Un phénomène de désinformation

Une des raisons derrière cette désinformation est liée aux expériences personnelles des créateurs de contenu. Beaucoup d’entre eux peuvent partager des caractéristiques de leur propre vie, les présentant comme si elles étaient communes à toutes les personnes atteintes de TDAH. Cependant, cela ne reflète pas la réalité, car certains de ces comportements peuvent être normaux chez des personnes sans le trouble.

L’impact est significatif. Selon l’étude, plus un jeune adulte consomme de contenu lié au TDAH, plus il est probable qu’il surestime la prévalence du trouble dans la population et l’intensité de ses symptômes. On estime que le TDAH touche 5 % des enfants et adolescents et 3 % des adultes, mais la perception sociale peut être distordue par la quantité d’informations erronées disponibles.

Pour mener à bien cette recherche, deux experts ont classé la véracité des 100 vidéos les plus populaires sur le TDAH. Par la suite, 843 jeunes universitaires ont été interviewés pour évaluer dix vidéos : les cinq considérées comme les plus informatives par les psychologues et les cinq présentant le plus de désinformation. Les résultats ont montré que les vidéos les plus précises ont reçu une note moyenne de 3,6 sur 5 de la part des spécialistes, tandis que les jeunes leur ont attribué seulement 2,8 étoiles. En revanche, les vidéos les moins informatives ont obtenu une note moyenne de 1,1, avec une évaluation de 2,3 de la part des jeunes.

Les réseaux sociaux ont le potentiel de contribuer positivement à la santé mentale, en diffusant des informations précieuses et en sensibilisant à la nécessité de chercher de l’aide professionnelle. Cependant, ils peuvent également propager des autodiagnostics erronés et renforcer des stigmates.

Comme le souligne Vasileia Karasavva, auteur principal de l’étude, « TikTok peut être un outil puissant pour accroître la sensibilisation et réduire le stigmatisation, mais il a aussi un côté sombre ». Les expériences personnelles sont influentes, mais sans le contexte approprié, elles peuvent mener à des malentendus sur le TDAH et la santé mentale en général.

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